Un autre 11 septembre est possible, et il a 100 ans

11/09/2006, par jmm
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« Il y a eu trois 11 septembre dans l’histoire. Celui de New York en 2001, celui du Chili en 1973 et le 11 septembre non-violent de 1906. Ce dernier est celui de la satyagraha initiée par Gandhiji [en Inde, le suffixe -ji marque un profond respect] en Afrique du Sud. Dans les trois cas, les auteurs du 11 septembre voulaient changer le monde. Dans deux cas, ils ont apporté destructions, effusions de sang, misère et chaos, alors que seules les armes de désobéissance massive, les ADM du Mahatma, ont aidé le monde à s’améliorer« , écrit The Hindu dans son éditorial.

Je l’avais repéré ce matin pour ma revue de la presse internationale du Monde, mais le Courrier International l’a plus, et mieux traduit :

« Gandhi a lui-même qualifié le 11 septembre 1906 comme étant le jour où tout a commencé : son combat basé sur la non-violence et l’organisation des grands mouvements pacifiques de désobéissance civile. Aujourd’hui, c’est le centenaire de ce mouvement de résistance non-violente, qui s’appuyait également sur la satyagraha, un terme inventé par Gandhi pour désigner la « force de la vérité », qui amène l’adversaire à réviser son point de vue et à reconnaître ses torts sans recours à la violence.

Pour finir, l’éditorialiste cite une phrase du « vieil homme » qui « donne à réfléchir : à force d’appliquer le principe d’œil pour œil, le monde entier deviendra aveugle ».

Aux Etats-Unis, plusieurs dizaines d’articles relaient cette commémoration-là. Personne n’en parle en France, à l’exception de Politis, la semaine passée :

Le 11 septembre 1906, Gandhi réunissait trois mille personnes au Théâtre impérial de Johannesburg pour prêter serment de « désobéissance ». Bien qu’occulté depuis 2001 par un autre 11 septembre, le centenaire de cet acte contestataire et fondateur coïncide avec la recrudescence, en France, de cette forme de protestation collective. Des mobilisations non-violentes touchent aujourd’hui tous les secteurs de la société, qu’elles soient en faveur des étrangers sans-papiers, anti-OGM, pour le droit au logement, antipub, contre les laboratoires pharmaceutiques, contre le partage du secret professionnel dans le secteur de la santé publique ou contre le fichage génétique. Pour la juriste Évelyne Sire-Marin (voir ci-contre), une telle augmentation des actes de désobéissance civique est un symptôme des dysfonctionnements de notre démocratie.

 

Dessins d’Etienne Lecroart republiés avec son aimable autorisation.

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2 Réponses a “Un autre 11 septembre est possible, et il a 100 ans”

  1. Ashram de Swâmi Petaramesh :

    Joyeux Anniversaire 11 septembre !…

    Il va sérieusement falloir que je révise mes dates historiques, moi, tiens, vu le peu de place qu’elles prennent dans ma caboche, ça ne ferait pas de mal…..

  2. Raphaël Zacharie de Izarra :

    (Attentats du 11 septembre 2001 : deux textes contre le discours officiel mensonger et le matraquage médiatique à sens unique.)

    1 – LES LARMES DES NANTIS

    On parle souvent « d’horreur », de « barbarie » quand on évoque les attentats terroristes du 11 septembre 2001 contre les tours géantes du Word Trade Center à New York…

    Ce serait vite oublier les raisons qui ont amené ces attentats, en tous cas la situation économico-politique de l’Amérique du Nord.

    Sans approuver pour autant ces attentats meurtriers et très spectaculaires contre le symbole obscène du pays le plus opulent, le plus gaspilleur et le plus égoïste du monde, je comprends parfaitement la colère des terroristes et la joie des pays qui ont applaudi ces « horreurs » comme les médias occidentaux se plaisent à qualifier ces événements, sans s’embarrasser de nuances. Horreurs ? Certes. Mais alors comment qualifier l’embargo sur l’Irak qui a duré 10 ans et qui a tué à petit feu, loin de nos caméras larmoyantes, des centaines de milliers de gens, enfants compris dont les survivants sont devenus rachitiques faute de soins médicaux et de rations alimentaires ? Ces innocents-là, bien plus nombreux que les innocents de New York, avaient le tort d’être irakiens, il est vrai. Pendant que les enfants de l’Amérique du nord devenaient obèses, les enfants de l’Irak rendaient l’âme jour après jour.

    Quelle honte de commémorer avec des splendeurs martiales dispendieuses les victimes des attentats du 11 septembre 2001 et de passer en même temps sous un criminel silence les centaines de milliers d’Irakiens victimes de la barbarie américaine !

    Sachant que les 300 millions d’américains qui représentent 4 pour 100 de la population mondiale consomment 25 pour cent des richesses de la planète, une journée pour faire tourner les États-Unis d’Amérique coûte des milliers de morts dans les pays pauvres. Une journée ordinaire aux États-Unis d’Amérique se paye à l’autre bout de la planète par des milliers de gens spoliés, écrasés, exploités, tués… Soit directement par fait de guerre (comme en Irak), soit indirectement par pillages, monopoles économiques et injustices interposés. Pour qu’un américain moyen puisse vivre selon les critères de décence et de confort en vigueur sous ses latitudes, il lui faut marcher sur la tête de 10 personnes habitant dans les pays pauvres.

    La véritable barbarie n’est pas dans l’écroulement fracassant des tours de New York mais dans la face cachée, insidieuse des choses. La vraie barbarie est dans l’obésité de l’Amérique. C’est son excès de richesses (formant une authentique pornographie alimentaire), son arrogance martiale, sa suprématie mondiale qui ont provoqué l’écroulement des tours. C’est à cette ignoble vérité en priorité que devraient s’éveiller les consciences à l’évocation des attentats du 11 septembre 2001. Je ne me laisserai pas embrigader dans le grand cirque mondial consistant à commémorer 3000 victimes nanties, en ignorant éhontément les millions d’autres victimes déshéritées causées par les USA.

    +++++++

    2 – TERRORISTE

    J’ai vu le jour sous l’empire de Misère, dans les quartiers des damnés de Calcutta.

    Certains disent de moi en riant, incrédules, que je suis une caricature, un cliché éculé, mais moi je sais bien que je suis un homme de chair et de lumière, fier et ravagé, plein de rêves et de douleur.

    Elevé entre ciel et caniveau avec les herbes sauvages, la faim m’a poussé au crime. La geôle a fini d’endurcir mon coeur qui je crois était fait pour l’amour. Chien galeux parmi les loups, j’erre sur la terre des hommes, en quête de vengeance et de justice car les loups ont fait de moi un autre loup. Plus laid, plus libre, plus féroce, plus affamé.

    Plus fort.

    Ma force justement, je la puise dans le désespoir, n’attendant déjà plus rien alors que commence et s’achève ma vie.

    Je souhaite la mort des riches, la victoire de l’arbitraire, la suprématie de l’altruisme universel et oeuvre de tout coeur pour le malheur de mes ennemis. Je porte en moi la haine la plus noire mais aussi un amour infini : la haine innée du pauvre pour le nanti, l’amour sans fin du déshérité pour son Dieu absent. Sans loi ni jours heureux, je conçois des guerres sans terme. Mais, n’étant qu’un gueux, je tue à mains nues, vole à pleines dents, pleure sans larmes.

    A présent je meurs de mes crimes, meurs de votre indifférence, meurs de faim. Vous m’appelez TERRORISTE parce que vous avez peur, parce que vous êtes riches, parce que vous êtes du bon côté de la barrière.

    Avec votre belle conscience de repus.

    Vous m’appelez TERRORISTE et moi je vous appelle COUPABLES.

    Textes de Raphaël Zacharie de Izarra
    2, Escalier de la Grande Poterne
    72000 LE MANS
    Tél : 02 43 80 42 98
    FREEBOX : 08 70 35 86 22
    raphael.de-izarra@wanadoo.fr

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