L’invasion des profanateurs de vie privée (Le Parlement européen légalisera-t-il les logiciels espions ? Et le Bluetooth, alors ?)

25/05/2008, par jmm
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« On » (Vincent B., pour ne pas le citer :-) m’a dit qu’il venait sur ce blog pour savoir ce que j’avais écrit, « par ailleurs« . C’est bête : jusqu’ici, je ne relayais pas systématiquement les articles que je publie ici ou là, essentiellement pour InternetActu.net et LeMonde.fr. Allons donc, un petit effort, pour cette semaine en tout cas :

Le Bluetooth, moins respectueux de la vie privée que la RFiD ?

J’ai déjà / beaucoup / écrit sur les risques d’atteintes à la vie privée en matière de RFiD, et jamais encore sur le Bluetooth; or, cette dernière technologie serait encore plus dangereuse que toutes ces puces « sans contact », parce que le Bluetooth est d’ores et déjà dans les portables (et donc dans les poches) de tout un chacun, alors que la RFiD ne concerne essentiellement à ce jour que la logistique corporate des flux de marchandises entre entreprises…

L’universitaire à l’origine de cette assertion n’en profite pas moins des réseaux sociaux qu’il a réussi à surveiller via Bluetooth pour préfigurer ce que pourraient être des prisons panoptiques électroniques…: j’ai du mal à comprendre comment on peut à la fois dénoncer les risques d’atteintes aux libertés que recèlent cette technologie, et en même temps s’en servir pour imaginer ce que pourrait être une prison électro-panoptique….

Le Parlement européen légalisera-t-il les logiciels espions ?
+ Pour « l’obligation de surveillance » de son accès à Internet
+ La Société des auteurs et compositeurs dramatiques se défend de visées liberticides (Quel droit à l’anonymat ?)

C’est un secret de polichinelle : lors de la préparation de lois, de nombreux amendements sont rédigés par des lobbyistes et confiés à des parlementaires qui les défendent comme s’ils les avaient écrits. Je reste néanmoins assez stupéfait de découvrir que la Commission Européenne, la France et les lobbies des industries culturelles s’accordent pour chercher à abaisser le niveau de protection de la vie privée, au motif qu’elle porterait atteinte à la protection de la propriété intellectuelle.

De façon très habile, Christine Albanel pointe du doigt les eurodéputés qui voudraient faire passer des « amendements » afin de limiter la casse défendre nos libertés et empêcher le placement sous surveillance des internautes au profit des majors compagnies*. Ce qu’elle ne dit pas, c’est que des amendements, j’en ai lu des dizaines et des dizaines, et ils visent tous ou presque à abaisser le niveau de protection de la vie privée. Quand on veut noyer son eurodéputé, il suffit de dire qu’il a la rage… sauf qu’en l’espèce, ce sont la Commission, la France et les lobbies qui mordent le plus fort.

* Mes interlocuteurs m’ont plusieurs fois expliqué le plus benoîtement du monde que ceux qui ne soutiennent pas leurs mesures sont forcément des pirates adeptes du P2P. Voir à ce sujet en quoi leurs propositions de loi ont déjà fait de moi un délinquant en puissance, alors que je ne télécharge que des contenus libres de droit : C’est (au journal) officiel : je suis un (libre) voleur (du savoir numérique).

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Réf. [ (Cyber)surveillance, Rewriting, Vie privée ]
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