Observatoire de la censure façon Nicolas Sarkozy

04/11/2007, par jmm
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Les nouveaux censeurs« La liberté de la presse ne s’use que si l’on ne s’en sert pas, mais elle s’use plus vite encore si l’on censure« , écrit le Canard, en introduction de son dossier consacré aux « nouveaux censeurs« .

Étonnamment, il n’existait pourtant pas, à ce jour, de site ni de page web recensant tous ces actes d'(auto-)censures dont l’ascension de Nicolas Sarkozy a été émaillée, ces deux dernières années.

Avec l’un de mes compères d’Aporismes (le « traducteur officiel de la novlangue de droite décomplexée« ), nous nous y sommes donc attelés, pour le Canard Enchaîné. De quoi entamer ce qui pourrait à terme constituer une forme d’observatoire de la censure attribuée à Nicolas Sarkozy.

Forcément, c’est un peu long, et il eut été intéressant de le présenter en mode wiki, afin de pouvoir suivre cette longue litanie dont la chronologie qui suit ne prétend pas (ou pas encore) à l’exhaustivité : & si d’aucuns se sentent de reprendre le flambeau, de combler les trous, d’assurer un suivi, qu’ils me contactent, ou contribuent dans les commentaires (voir aussi la première édition de ce recensement, sur aporismes : Chronique de censures assumées).

En attendant, ce lundi 5 novembre est aussi la journée d’action européenne pour la défense du journalisme. L’intersyndicale française a quant à elle lancé une série de Propositions pour la liberté de la presse, également disponible sous forme de pétition. Faites tourner !

Chronique de censures assumées

S’il lui est arrivé de s’impliquer lui-même pour faire à des journalistes ou des éditeurs « une proposition qu’ils ne pouvaient pas refuser », façon Don Vito Corleone dans Le Parrain de Coppola, ce n’est même plus la peine aujourd’hui… Les patrons de presse qui sont généralement des patrons d’industrie proches de Nicolas Sarkozy se chargent très bien eux-mêmes de contrôler les éventuels “dérapages” des rédactions de leurs media. Il leur arrive même d’aller au devant des désirs du président, comme lorsque Paris Match a offert l’été dernier aux Français une bonne tranche de rigolade en gommant sur une photo ses bourrelets présidentiels.

En août 2005, lorsque Paris Match fait sa « une » sur l’escapade amoureuse de Cécilia avec le publicitaire Richard Attias, Nicolas Sarkozy reçoit un coup de fil de son « frère » Arnaud Lagardère, actionnaire de référence de l’hebdomadaire. Le Canard avait alors rapporté les propos de Sarko : « Je croyais qu’Arnaud était un ami. Je ne m’attendais pas à ça de sa part. Il m’a appelé jeudi (le jour de la sortie de Paris-Match) pour me dire qu’il était désolé. Je lui ai fait remarquer qu’il aurait pu interdire cette publication. Il m’a assuré qu’il n’était pas au courant, qu’il a découvert le journal comme tout le monde. Soit il est nul, parce qu’il aurait du être au courant, soit il est malhonnête parce qu’il savait ». En juin 2006, Lagardère virait Alain Génestar, quand bien même celui-ci avait tenté de se racheter, comme l’avait rapporté le Canard en décembre 2005, en gommant une phrase lors d’une interview de Yannick Noah : « Une chose est sûre : si jamais Sarkozy passe, je me casse ! ». En pure perte visiblement…

En octobre 2005, les émissions « Tout le monde en parle » de Thierry Ardisson, et « On a tout essayé », de Laurent Ruquier, toutes deux produites par la boîte de production d’Ardisson pour France 2, décommandent au dernier moment le passage prévu des auteurs du livre « Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus », au motif que « le livre pose des questions sans apporter de réponses » (sic) et qu’il était « impossible de trouver des contradicteurs à leur opposer » (re-sic).

Ironie de l’histoire, le livre cherchait précisément à lever la « relative omerta » qui entoure Nicolas Sarkozy, de pointer du doigt la brutalité verbale avec laquelle il traitait ses opposants. Ou encore le peu de temps de parole accordé auxdits opposants. Sans oublier ses directives visant à faire en sorte qu’il se produise un événement par jour autour de lui, afin que l’on ne parle que de lui.

Ce même mois, un autre décryptage de ses discours, sous forme de documentaire cette fois, intitulé « Sarkozy mot à mot » et réalisé par un journaliste de France 2 et une autre du JDD, est annoncé sur France 2. Il n’y sera jamais diffusé, pas plus que sur France 5, au motif que, après avoir été placardisé des mois durant, il était « daté » lorsqu’il s’est agi de le diffuser.

A défaut de le voir à la télé, on le découvrit sur internet, mais pas longtemps : DailyMotion, la plateforme française de diffusion de vidéos qui l’hébergeait, l’a finalement « retiré pour cause de non-respect des conditions d’utilisation ». Séverin Naudet, son « directeur des contenus et de la communication », chargé des relations presse pour Hervé Gaymard en 2003 et 2004 et conseiller au ministère de la Communication jusqu’en 2006, a depuis rejoint le pôle communication de François Fillon en tant que conseiller technique chargé de la presse. Son poste chez Dailymotion fut quant à lui attribué à l’ancien chef du pôle multimédia au ministère de la Culture…

Surtout pas d’émeutes en novembre 2005

Nicolas Sarkozy sait aussi s’investir personnellement lorsque l’affaire lui semble grave. Alors ministre de l’Intérieur, le Canard Enchaîné avait révélé comment il avait convoqué, en novembre 2005, Vincent Barbare, responsable des éditions F1rst et l’avait « menacé de foudres judiciaires et variées » s’il publiait la biographie de Cécilia Sarkozy signée Valérie Domain, une journaliste de Gala, alors même que la promotion du livre était bien entamée : un tirage annoncé de 25.000 exemplaires, des préventes sur internet, des exclusivités sur RTL, France 3… Gala dénoncera même, dans son édito, « cette méthode arbitraire qui porte un nom : la censure ». Les menaces ont été prises très au sérieux par l’éditeur, qui imposa à l’auteur, Valérie Dolmain, de « romancer » son livre.

Toujours en novembre 2005, le cabinet de Nicolas Sarkozy demande à la direction de Canal + une cassette de l’émission « Nous ne sommes pas des anges », où une invitée à osé dresser un parallèle entre le couvre-feu annoncé par Dominique de Villepin la veille et celui de Papon en octobre 1961, dénonçant « la gestion coloniale de cette crise » des banlieues. Canal + exige de la maison de production, filiale de Lagardère, qu’elle invite deux jours plus tard un maire UMP afin de contrebalancer les propos outranciers.

Deux jours plus tard, la direction de France 2 retire de son site web le reportage de son JT où l’on voyait des policiers tabasser des jeunes des cités afin, déclare Arlette Chabot, de ne « pas tomber dans la surenchère […] au risque d’envenimer les choses à la veille d’un week-end à risque ».

Nicolas Sarkozy décrochera d’ailleurs son téléphone afin de remercier Robert Namias et Arlette Chabot de leur discrétion : à l’instar de France 3, elles ont en effet levé le pied de leur couverture des émeutes de banlieues, et ne donnent plus, ni chiffres ni images des voitures incendiées. En mars 2007, accueillant Nicolas Sarkozy dans son émission « A vous de juger », Arlette Chabot évitera soigneusement de poser quelque question que ce soit à Nicolas Sarkozy à propos de la polémique soulevée par Le Canard Enchaîné au sujet des frais de réfection « offerts » par le promoteur immobilier qui lui avait vendu son appartement de Neuilly.

En décembre 2005, Plantu, le dessinateur-vedette du Monde, reçoit un courrier de Nicolas Sarkozy des mains d’un policier en tenue, après la parution d’un dessin agrémentant l’alors ministre de l’Intérieur d’une petite mouche, petit « détail » qui accompagnant d’ordinaire les caricatures de Jean-Marie Le Pen. Le lendemain, Plantu lui accole trois mouches. Depuis, Sarkozy, qui avait déclaré préférer « un excès de caricature à un excès de censure » au moment de l’affaire des caricatures de Mahomet parues dans Charlie Hebdo, s’est plaint auprès de la direction du Monde pour avoir été caricaturé en petit chien, « en roquet », ou encore pour avoir été affublé du brassard « I. N. » (pour « Identité Nationale »).

Certains savent ne pas prendre le risque de voir débouler un coursier porteur d’une missive de ce genre… En février 2006, le Canard révélait comment Jean-Pierre Elkabbach, patron d’Europe 1, n’avait rien trouvé de mieux que de demander par téléphone à Nicolas Sarkozy son avis sur le journaliste chargé de suivre la campagne de l’UMP. Celui-ci n’y voyait rien à redire non plus : « Bien sûr. (…) J’ai été ministre de la Communication. Je suis ça de près, ça fait partie du travail politique. (…) Si vous saviez. Il n’y a pas qu’Elkabbach qui fait cela… ».

Mieux vaut ne pas oublier que Sarkozy a un oeil partout : en août 2006, ce dernier passe un savon à un rédacteur en chef de TF1 pour un reportage, jugé trop complaisant, sur les sans-papiers de Cachan.

En septembre 2006, un sondage commandé par La Tribune sur les préférences « en matière économique et sociale » des Français révèle que 54% des sondés font confiance à Ségolène Royal, contre 49% à Nicolas Sarkozy. la « une » du quotidien, qui devait titrer « Royal en tête sur l’économique et le social », est réintitulée « Économie : les Français se montrent moins pessimistes », le passage sur la candidate du PS étant soigneusement caviardé. Faut-il préciser que La Tribune appartient à Bernard Arnault, témoin au mariage de Nicolas et Cécilia ?

Suivre de très près ce que font les journalistes, c’est logique lorsque l’on est un homme politique qui aspire à la magistrature suprême. S’énerver du traitement médiatique s’il est négatif, cela peut se comprendre. Mais parvenir à influer sur ce traitement médiatique à ce point, c’est plus inhabituel. Le réseau d’amitiés avec les plus grands patrons de presse tissé par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était maire de Neuilly l’y aide grandement. Ainsi, lorsque Laurent Bazin, journaliste de iTélé, relate en décembre 2006 sur son blog les menaces à peine voilées exercées par Nicolas Sarkozy sur les journalistes de la chaîne, à l’occasion d’un déjeuner « off » organisé par la rédaction de sa chaîne, la direction de celle-ci lui demande de retirer cet article.

Elections : silence dans les rédactions

Sarkozy ira même jusqu’à juger en direct le travail des journalistes : lors de son passage dans le journal de France 3 Nord Pas-de-Calais, en mars 2007, il déclare ainsi « J’ai déjà vu des reportages malhonnêtes, mais celui-ci… félicitations ».

Ce même mois, il menace carrément de virer la direction de France 3, accusée de ne pas l’avoir traité avec suffisamment d’égards : comme l’avait alors révélé le Canard, il n’avait pas bénéficié d’une loge personnelle pour préparer son maquillage et son passage à France Europe Express.

Peur de déplaire au futur prince ? En avril 2007, les éditions Michalon avaient quant à elles refusé au magistrat Serge Portelli la publication de son dernier livre sur le bilan Sarkozy en tant que ministre de l’Intérieur et les dramatiques perspectives en matière judiciaire s’il venait à être élu. Motif : le livre était mauvais. Mal écrit ? Mal documenté ? A côté de la plaque ? On ne le saura jamais. L’auteur, brillant juriste et contradicteur efficace de Nicolas Sarkozy dans l’émission Ripostes du 10 décembre 2006, a trouvé un autre éditeur et le livre est paru. Pas si mauvais visiblement…

Le fait que Yves Michalon soit un ami personnel du candidat UMP à la présidentielle n’avait évidemment rien à voir avec le refus du livre par sa maison d’édition.

On se souvient également de la tirade de François Bayrou, évoquant des pressions exercées par Nicolas Sarkozy, dans l’entre-deux tours des présidentielles de 2007, pour que son débat télévisé avec Ségolène Royal n’ait pas lieu : « Je n’en ai pas la preuve mais j’en ai la certitude ». Il enfonçait le clou un peu plus tard : « Lorsque j’ai tenu une conférence de presse mercredi j’ai parlé de la part de Nicolas Sarkozy d’intimidation et de menace. C’est exactement là où on en est ». Et forçait même, en direct, l’animateur dudit débat à valider du bout des lèvres sa théorie.

Ses opposants, et notamment François Bayrou, ont plusieurs fois dénoncé la sureprésentation médiatique dont faisait l’objet Nicolas Sarkozy. Mais il y a plus subtil que les Unes complaisantes : la « coupe légère ». Un nouveau concept journalistique inventé par Patrick Poivre d’Arvor, présentateur vedette de TF1 qui avait d’ailleurs débouché le champagne dans les locaux de la chaîne le 6 mai 2007.

Après le deuxième tour, les discours de François Bayrou et de François Hollande ont été amputé de leur dernière minute. « Une coupe légère », pas bien grave donc, selon PPDA.

Sur France 2, le journalisme nouveau se pratique autrement. Plus finement. Lorsque l’on fait un reportage sur l’élection à Bordeaux, on cite quatre fois le nom d’Alain Juppé (en ballottage) et pas une seule fois celui de sa concurrente qui devient “la candidate socialiste”. Il faut savoir lire pour découvrir son nom qui apparaît deux fois écrit à l’écran.

L’intégration dans certains reportages télévisés d’images fournies par la société de production ETC suscita bien quelques remous à France Télévisions, mais pas de quoi fouetter un chat. La société ETC, chargée par Nicolas Sarkozy de filmer ses meetings de campagne, bénéficiait en effet de conditions privilégiées pour tourner des images du ministre-candidat, notamment une caméra réalisant des travellings spectaculaires, tandis que les journalistes télé, parqués sur les côtés de la salle, n’avaient que de mauvais angles de vue. Les journalistes CGT de France Télévisions protestèrent contre les « images de propagande » d’ETC qui sont parfois reprises dans les journaux télévisés, sans mention du fait qu’elles viennent du staff de campagne du candidat.

Déterminer d’où vient le vent et où il peut les porter est une activité difficile mais pas impossible pour les rédactions. A Elle, autre titre de la galaxie Lagardère, les articles très positifs sur Ségolène Royal se sont multipliés au début de la campagne. Après l’élection, l’objet de toutes les attentions est désormais Cécilia Sarkozy. Les limites du ridicule sont parfois allègrement franchies lorsque -par exemple- le journal compare sur plusieurs pages, en mai 2007 et photos à l’appui (mais ayant un effet contraire à celui souhaité), la désormais première négociatrice de France pour les prises d’otages, à Jacqueline Kennedy.

Côté ciseaux magiques pour protéger Cécilia, le Journal du Dimanche avait donné le ton peu après le deuxième tour des présidentielles. Un article expliquant qu’elle n’avait pas voté au premier tour a été mis à la trappe sur demande expresse d’Arnaud Lagardère (encore). Que sa propre femme n’ait pas jugé utile de voter pour Nicolas relevait, paraît-il, du domaine de la vie privée. Que cela puisse éclairer ou pas l’électeur lambda importait peu à ce patron de presse.

Autre groupe, autre patron prévenant. Vincent Bolloré, qui devait offrir des vacances royales sur son yacht au président fraîchement élu, avait pris soin, toujours en mai 2007, de faire sucrer un vilain article hongrois -repris de Courrier International par son gratuit Matin Plus– insinuant que la police française avait eu un comportement peu amène avec un groupe de musiciens roms à Roissy, et se permettant même de rajouter qu’« il y a trente ans, à l’époque brejnévienne, les autorités soviétiques agissaient de manière plus démocratique que ne l’ont fait, il y a quelques jours, les fonctionnaires français ».

En mai, fais ce qu’il te plaît

La complaisance journalistique pour le président peut parfois se muer en une sorte de protection rapprochée. Lorsque la polémique enfle sur les vacances de Nicolas Sarkozy offerte par Vincent Bolloré au lendemain de son élection, le Figaro publie un article expliquant à la France d’en bas que tous les présidents se sont offerts des vacances luxueuses. L’auteur de l’article n’est autre que Anne Fulda, avec qui Nicolas Sarkozy s’était consolé du départ de Cécilia à New York, où elle vivait une romance avec Richard Attias. Pas rancunière et prévenante…

Le silence est d’or, dit-on. C’est sans doute pourquoi aucun journalisme ne remet en question certaines énormités du nouveau locataire de l’Elysée. Les vacances de Nicolas Sarkozy sur le yacht de Vincent Bolloré provoquent une toute petite et courte (le temps d’en déclencher une autre et ainsi de suite) polémique. Pour se défendre, le Président indique que Vincent Bolloré n’a « jamais travaillé avec l’Etat ». Toute la presse reprend en coeur cette information. Une simple lecture du Bulletin des annonces légales obligatoires démontre pourtant qu’il s’agit d’un mensonge grand comme une talonnette présidentielle, mais personne ne tique.

Pas plus lorsque le président évoque son bilan de chef de la police : « En quatre années de ministre de l’Intérieur, il n’y a pas eu une seule bavure ». Silence des journalistes qui l’interrogent. La Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité n’est pas de cet avis, pourtant : « Depuis le début de son activité, la Commission a enregistré 419 saisines. Au 1er septembre 2006, 129 dossiers restent à instruire. Son activité est marquée par une augmentation continue, passant de 19 saisines enregistrées en 2001 à 40 en 2002, à 70 en 2003 puis à 97 en 2004, et 108 en 2005. En cinq ans, le volume d’activité de la Commission a donc été multiplié par cinq. La progression semble se confirmer puisque entre le 1er janvier et le 1er septembre 2006, elle avait déjà reçu plus de 85 saisines ».

(…)

« Dans de nombreux dossiers, elle a relevé de la part des fonctionnaires des irrégularités dans les pratiques professionnelles : usage indu de la coercition (conduite au commissariat sans procédure ultérieure, placement en garde à vue injustifié, parfois en l’absence évidente d’une infraction, durée de garde à vue excessive) ; utilisation abusive des mesures de coercition (fouille de sécurité systématique et menottage serré contraires aux prescriptions de la circulaire ministérielle du 11 mars 2003 relative au respect de la dignité des personnes gardées à vue) ; emploi exagéré de gestes techniques professionnels d’intervention (GTPI) aboutissant à des blessures (notamment dans le cadre de reconduites à la frontière). Certains dossiers ont fait état de blessures graves et de séquelles irréversibles (traumatisme crânien, fractures de bras, du nez, de dents cassées, tympan perforé, lésions testiculaires), et deux affaires ont concerné le cas d’étrangers décédés dans l’avion à la suite de gestes de contrainte excessivement prolongés ».

Etc.

Connu pour être un tantinet rancunier (il avait par exemple promis « d’accrocher à un croc de boucher » les responsables de son implication involontaire dans l’affaire Clearstream), le président incite visiblement les responsables des rédactions à lisser… A éviter les problèmes, les conflits avec lui. Exit donc les émissions un peu trop impertinentes. Arrêts sur Images de Daniel Schneidermann sur France 5 ou La bande à Bonnaud sur France Inter semblent ainsi avoir fait les frais de la tendance au lissage à l’occasion de la nouvelle grille de rentrée 2007-2008.

Toujours en mai 2007, le Parisien décidait carrément de passer à la trappe un dossier consacré à l’influence de Sarkozy sur les médias : on y voyait une infographie rappelant que Lagardère contrôle 25% du groupe Amaury. Le quotidien préféra finalement publier des photos de Ségolène Royal de retour de Djerba, et de Nicolas à Brégançon. En août, c’est TF1 qui décide de passer à la trappe une interview exclusive, prévue pour être diffusée dans l’émission 7 à 8, de l’un des frères de Rachida Dati, récidiviste qui venait d’être condamné à un an de prison pour trafic de drogue.

Les médias traditionnels ne sont pas les seuls concernés. La SACEM avait ainsi demandé aux Inrocks, en janvier 2006, qu’ils retirent de l’une de leurs compilations la chanson « Tous les tizenfants » du collectif La Voix Off, détournement d’une interview de Sarkozy, au motif que « le montage des propos de Nicolas Sarkozy rappellerait certains crimes commis par les nazis, comme la sélection d’êtres humains ou leur suppression pour inutilité ». L’ex-chanteur du groupe NTM, Joey Starr, aurait lui aussi vu l’une de ses chansons retirées, en octobre 2006, de son album au motif que Nicolas Sarkozy luttait alors aux côtés des majors contre les téléchargeurs, et que Sony, sa maison de disque, ne voulait pas l’offusquer avec ce titre délicatement intitulé « Sarko tiens ta femme et tu tiendras la France ».

En juin 2007, Nicolas Sarkozy qui tient beaucoup à l’image qu’il véhicule dans les media se retrouve à la une du Web avec une vidéo qui n’aura pas la même publicité à la télévision française. Il s’agit d’un extrait d’un journal télévisé belge dans lequel le journaliste s’interroge sur ce qu’à bien pu boire Nicolas Sarkozy au G8 vu son état lorsqu’il se présente à une conférence de presse dans un état très particulier.

Début septembre 2007, c’est Christine Albanel qui prend la plume pour s’offusquer de l’éditorial « particulièrement déplacé » de la plaquette 2007-2008 du théâtre du Granit à Belfort qui évoquait, avec humour, « les conséquences profondes, et probablement désastreuses, sur le cours de nos existences » de l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée : « J’ai par exemple découvert que mon voisin, avec lequel j’entretenais des rapports tout juste polis, n’a pas voté pour Nicolas Sarkozy. Du coup, non seulement ça simplifie les questions de clôture et de mitoyenneté, mais en plus, s’il a besoin, je suis prêt à lui garder son chien ».

Mi-septembre, c’est une lettre manuscrite que Nicolas Sarkozy porte sous le bras à la sortie du conseil des ministres qui déclenche une petite discussion digne de la dictée de Pivot. Le magazine Choc (Lagardère) prévoit initialement de publier une double page sur le contenu amusant de cette missive. Mais se ravise au dernier moment. « J’ai l’impression de ne pas t’avoir vu depuis une éternité et tu me manques. Jeudi on part faire notre virée à Essaouira pour mon (illisible). Mais j’aimerais bien réussir à te voir la semaine ou le week-end suivant. Millions de Besitos. », peut-on lire sur la lettre. « C’est moi qui l’ai écrite », explique après la polémique et les interrogations de la presse, Isabelle Balkany. Et elle l’adressait à Cécilia. Mais les puristes rappellent que dans ce cas, « vu » devrait être écrit « vue ». Mais à quoi pourrait bien servir l’orthographe pour une droite décomplexée qui estime par la voix du Premier ministre et de la ministre de l’Economie qu’il n’est plus nécessaire de perdre du temps à réfléchir ?

On aurait tort, pour autant, de se contenter de dénoncer les relents de censure et d’auto-censure liées à Nicolas Sarkozy. Il lui arrive parfois de dire du bien de journalistes, et même d’en embaucher certains, telles Myriam Lévy, qui avait couvert la campagne de Ségolène Royal pour le Figaro, et qui s’est retrouvée conseillère en communication de François Fillon, ou encore Catherine Pégard, qui avait couvert la campagne de Sarkozy pour Le Point, et qui a été nommée conseillère du nouveau président.

Nicolas Sarkozy s’était aussi illustré en prenant son téléphone pour défendre Karl Zéro lorsque la direction de Canal + voulait s’en séparer. C’est aussi lui qui, le premier, annonça l’arrivée d’Harry Roselmack au JT de 20 heures de TF1, laissant presque entendre que c’était lui qui en avait eu l’idée. Mais il a fait encore mieux : c’est en effet l’Elysée qui a annoncé l’arrivée de Laurent Solly, alors directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, à la direction de TF1. On n’est jamais mieux servi que par les siens. D’ailleurs, un mois plus tard, en juin, en introduction d’une interview que Nicolas Sarkozy allait lui accorder, PPDA présentait son JT depuis les salons de l’Elysée.

MaJ évolutive : à rajouter

18 nov. 07 : C’est par le président de la République Nicolas Sarkozy que des journalistes des Echos venus l’interviewer ont appris le nom de leur futur PDG http://afp.google.com/article/ALeqM5jPFfXyl8mqeXUjpe1Mn3gdDHKN1g
La rédaction du Figaro est partagée sur l’annonce du départ de leur directeur de la rédaction : en l’absence de M.Beytout, certains craignent des interventions plus fréquentes de leur actionnaire sur la ligne éditoriale. « Son départ est une catastrophe », confie un journaliste de la rédaction, « Nicolas Beytout a souvent empêché des papiers commandés par Dassault. Ces derniers jours, Olivier Dassault voulait faire passer un article sur un rapport que Nicolas Beytout a bloqué », ajoute-t-il. http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3236,36-979845,0.html

mercredi 19 décembre 2007 : Dans le sujet de 16 pages que publie Match sur Nicolas Sarkozy, mercredi 19 décembre, comportant des photos exclusives de Bettina Rheims, qui a suivi le chef de l’Etat pendant une dizaine de jours, les lecteurs ne liront pas l’article sur Carla Bruni. Ecrit par une rédactrice en chef de l’hebdomadaire, le papier racontait pourtant ce que narre depuis deux jours le reste des quotidiens, la vie mouvementée de l’ancienne mannequin, chanteuse, compagne de Sarko… En vain : il est resté dans un tiroir, selon le principe cher à Roger Thérond, le légendaire patron de l’hebdo : « La richesse de Match, ce sont ses non-parus ». Réunie en assemblée générale le 18 décembre, la SDJ de Paris Match a regretté « qu’aucun témoignage racontant, selon la tradition du magazine, les coulisses de ce reportage ne soit venu donner du sens [au] sujet ».
http://www.bakchich.info/article2192.html

En « trappant » un article qui détaillait l’abondant tableau de chasse sentimental de Carla Bruni et en publiant le portfolio d’une photographe choisie par l’Elysée, l’hebdomadaire du groupe Lagardère renforce son statut de vecteur de la communication du « Palais ». La rédaction commence à sérieusement grincer des dents. Signé par une rédactrice en chef de Match, le portrait de Carla Bruni évoquait sa carrière de « mangeuse d’hommes » -pour reprendre le cliché en vogue ces jours-ci dans les gazettes-, et citait les noms de ses nombreux ex. Mais Paris Match ne tombera pas dans le cliché de la « redoutable séductrice », puisque l’article est passé à la trappe, comme l’a révélé Bakchich.info. Une décision que des sources internes attribuent à une prudence toute commerciale: il s’agit de ne pas froisser la jeune femme pour s’assurer l’exclusivité des premières photos « intimes » du couple. En « off », des journalistes décrivent une direction traumatisée par le précédent Genestar, l’ancien directeur renvoyé pour avoir publié des photos de Cécilia Sarkozy et Richard Attias. Ce qui explique, selon eux, que l’hebdo ait consenti à partager l’exclusivité « Nicolas et Carla chez Mickey » avec d’autres.
http://www.rue89.com/2007/12/19/bruni-sarkozy-paris-match-menage-la-future-premiere-dame

samedi 26 janvier 2008 : A la place d’en laisser dire de belles sur Cécilia, Carla, Rachida, Rama et les autres, sujet visiblement brûlant, la chaîne de Bolloré a diffusé vendredi soir un film bien consensuel, Cinéma Paradiso. Ainsi va la vie des médias des amis de Sarkozy.
http://www.bakchich.info/article2463.html

vendredi 1er février 2008 : Le magazine Gala a mis en ligne une vidéo instructive : Carla Bruni, alors mannequin, interrogée en 1992 sur son type d’hommes. Et que répond la belle Carla ? « J’aime les hommes de pouvoir ». Ça alors ! Cette vidéo, qui appartient à la société Akamedia, dirigée par Marc Derquennes, est opportunément ressortie des tiroirs, le producteur ayant bon espoir de vendre les images aux chaînes de télé françaises. CBS et d’autres medias étrangers les auraient, paraît-il, déjà achetées. Derquennes a vite déchanté : aucune chaîne n’en a voulu, pas même Canal +, à part pour un récent Zapping, qui les a diffusées sous le crédit erroné de Gala.fr.
http://www.bakchich.info/article2522.html

6 février 2008 : Le sénateur PS Robert Badinter a piqué une grosse colère, la semaine dernière, en apprenant que son interview à Public Sénat, dans laquelle il dézinguait la loi Dati sur la prison après la prison, ne serait pas diffusée. Un malencontreux « problème technique, lui a juré la chaîne de Pierre Elkabbach. Peut-être du même genre que celui qui, le 25 janvier, avait entraîné la déprogrammation brutale de l’émission « Sarkozy et les femmes » sur la chaîne Direct 8 de Bolloré ? (in Le Canard Enchaîné n° 4554)

21 février 2008 : Courrier International et Sarkozy: Lagardère censure aussi. Le groupe Lagardère a réussi à faire encore plus fort que Métrobus, la régie publicitaire de la RATP: dans des boutiques Relay de tout le pays, les employés ont dû plier le haut de l’affiche pour que ce titre sacrilège n’apparaisse pas: « Vu de Madrid, Sarkozy ce grand malade ». Cette inventivité s’explique simplement: Lagardère (propriétaire des Relay) a laissé la direction du magazine face à une alternative. Soit les affiches partaient à la poubelle, soit elles devaient être pliées. Courrier International, qui ne souhaitait pas gaspiller entièrement ses frais de promotion, a préféré plier.
http://www.rue89.com/2008/02/21/courrier-international-et-sarkozy-lagardere-censure-aussi

19 mars 2008 : L’Institut Français pour la Recherche sur les Administrations publiques, cercle ultralibéral fondé sur le modèle des think tanks américains, tape depuis vingt ans à bras raccourcis sur les services publics, la fonction publique, les gâchis supposés des administrations … et aujourd’hui sur un de ses employés, accusé de trahison, ou peu s’en faut. Le chercheur trentenaire Nicolas Lacaussin, fidèle collaborateur de l’IFRAP depuis dix ans, au point d’avoir été promu président en titre et directeur de la revue maison mensuelle « Société civile », vient d’être brutalement licencié pour « faute lourde ». Son seul crime : avoir publié un bouquin taxé d’antisarkozysme par le fondateur de l’IFRAP, Bernard Zimmern, un polytechnicien énarque qui a quitté la France socialiste en 1981 et a fait fortune aux Etats-Unis. source : Le Canard Enchaîné, cité sur http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=582#comment-27361

12 avril 2008 : Bakchich s’étonne que les dépêches des agences Reuters et AP rapportant qu’« Une plainte visant Sarkozy et l’Intérieur sera instruite » ne soit pas reprise par l’AFP. On y apprend que « La cour d’appel de Paris a ordonné vendredi que soit instruite une plainte pour « favoritisme » déposée en mars 2007 par la direction du casino de Gujan-Mestras (Gironde), qui met en cause le ministère de l’Intérieur lorsqu’il était dirigé par Nicolas Sarkozy. Contre l’avis du parquet, la chambre de l’instruction de la cour d’appel a ainsi confirmé une ordonnance rendue en novembre dernier par Françoise Néher, juge d’instruction à Paris, a dit une source judiciaire. ».
Sources : L’AFP oublie une plainte où Sarkozy est cité & Le nom de M. Sarkozy est cité dans un dossier de détournement de fonds.

Février 2006 : A la suite de deux tribunes libres parues dans les journaux Libération (Banlieues : mai 68 ou Weimar ? le 8 novembre 2005) et Le Monde (Incendiaires et cogneurs, le 17 novembre 2005) [1], Didier Peyrat, Vice-Procureur au Tribunal de Grande Instance de Pontoise vient d’être convoqué le 16 mars par Monsieur Jean Amédée Lathoud, Procureur général près la cour d’appel de Versailles, afin de se voir notifier un  » avertissement « , sanction qui figurera à son dossier durant trois ans.
Source : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1197

PS : le projet d’observatoire de la censure ès Sarkozy a trouvé son wiki : http://www.betapolitique.fr/wiki/index.php/ObservatoireCensureSarkozy. Mais il n’est pas mis à jour… ;-(

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Réf. [ Canard (Enchaîné), FUD, InfoGuerre ]
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38 Réponses a “Observatoire de la censure façon Nicolas Sarkozy”

  1. Anonyme... :

    Merci pour cette longue (et fort utile) liste…

  2. ludo :

    trés bien de recenser la censure je ne peux que l’encourager mais c’est trés prétentieux de dire que vous êtes les seuls et donc vous êtes trés peu informés en définitive!!! Depuis 1995 et les grêve ou les médias de masse se sont comportés comme aujourd’hui en accompagnateur de la réforme comme d’hab des citoyens qui en ont eu ras le bol de ce pluralisme à une seule voix et ce mépris pour les mobilisations sociales ont crée ACRIMED qui « informe sur l’information ». Et tout ce qui se trouve dans cette page est analysé au fur et à mesure depuis des année sur le site de grande qualité qu’est acrimed et donc ceux qui lisent les texte sur le site d’acrimed n’ont donc ici rien appris de nouveau. Aussi le manque de pluralisme, le manque de dépendance de la presse, la concentration de la presse de masse, la désinformation… n’ont pas débuté avec Sarko même s’il encourage le phénoméne…l’impression donnée ici c’est que il suffit de se débarrasser de Sarko pour régler le problème. Les propositions pour un pluralisme dans les médias de masse et une info libre sont nombreuses et vous pouvez les retrouver sur le site :
    http://www.acrimed.org/

  3. patrice :

    Pourquoi pas… Mais comme l’écrit très justement ludo, c’est prendre le problème par le petit bout de la lorgnette, c’est d’ailleurs une spécialité du Canard enchaîné…

    Depuis une dizaine d’années, les journaux PLPL (Pour Lire Pas Lu) puis le plan B, avec Acrimed sur Internet, Serge Halimi et son livre les Nouveaux chiens de garde, et d’autres encore, ont fait un travail de décryptage de l’idéologie médiatique, très rarement (ou jamais ?) cité dans le Canard enchaîné (je ne me souviens pas avoir jamais lu une référence à PLPL ou le plan B dans l’hebdomadaire satirique du mercredi).

    Par contre, on trouve régulièrement dans le Canard enchaîné des critiques littéraires sur Sollers, BHL, Antoine Duhamel, des encouragements aux baisses d’impôts, et dernièrement, des informations capitales et susceptibles de menacer les fondements du capitalisme, je veux parler du CV mal rédigé de R. Dati.

    Bouhhhhhhhhhh.

  4. froggy :

    La video “Sarkozy mot à mot” est accessible sur youtube mais en morceau.

  5. jmm :

    @Ludo : en l’espèce, acrimed est cité plusieurs fois dans cette chronologie…

    il ne s’agit pas de dire que les uns font mieux que les autres : la majeure partie des médias (y compris ceux considérés comme « à la botte » de Sarkozy) ont tous du, à un moment ou à un autre, relayé les scandales qui, souvent, suivent ce genre d’actes de censure

    et ce qui m’a étonné, c’est que personne n’avait précisément tenté de les recenser en un seul et même bloc, montrant que, au-delà de ces scandales à répétition (c’est à se demander s’il ne le fait pas exprès), il s’agit de ce que l’on pourrait qualifier d’une habitude qui, si l’on n’y prend garde, va continuer à grignoter, petit à petit, de plus en plus de pans de la presse

    cf, à ce titre, l’article de Bakchich sur la façon qu’a eu Canal+ de censurer les reportages des journalistes, puis les journalistes eux-mêmes, avant de leur ordonner de ne plus toucher à Nicolas Sarkozy : http://www.bakchich.info/article1819.html

  6. Observatoire de la censure façon Nicolas Sarkozy » Alter Nativa :

    […] 5th, 2007 at 11:24 pm In Article, medias, politique, presse, Revue de Presse, sarkozy, société | Comments RSS | Share This Related Articles to Observatoire de la censure façon Nicolas Sarkozy: […]

  7. séguier :

    C’est une excellente démonstration (on oublie très vite). Que comptez-vous faire à part dénoncer?

  8. david :

    Paradoxalement, il me semble que ce n’est pas la censure dont il faudrait parler : votre longue liste le montre bien : on sait que Sarkozy ment, triche et use de son pouvoir sur la presse. Pas de censure donc, nous sommes au courant.
    Par contre, face à cela, rien ne se passe. Pourquoi n’agira-t-il pas ainsi, le Sarkozy, si rien ne l’en empêche et si cela le sert.
    Pas très rassurant pour la démocratie.

  9. Leptitbenji :

    Bravo pour ce gros travail…
    Y a tellement d’actes de censure avérés qu’il est long et difficile de tous les répertorier.

    Maintenant comme dit David, il faudrait s’interroger sur la réponse qu’on peut apporter à cette situation inacceptable en démocratie.

  10. Roy :

    May be I did understand nothing about reality.

    Oui, c’est vrai, la censure nous ensangle de plus en plus gravement.
    Etes-vous allés voir le site gouvernemental de fa Fontion publique ? Censure totale. Juste un panier de basket à qui passe par là.
    Si quelqu’un a une adresse fiable et séreiuse concernant le Fonction publique, je suis preneuse. J’erre dans ce labyrinthe ou personne n’est personne.

    Je suis fonctionnaire et reduite à mendier mes droits d’information.

    Je suis atterrrée.

    Sarkhosy se prend pour Superman. Résultats : beaucoup d’images et de discours.
    La réalité est celle-ci : une progressive dictature maladive. Sarkhozy fait tout et ne cesse de dire que tous ses ministres sont nuls. Un petit Napoléon erssaie de naître.

    Le problème est qu’hormis ce prétendu génie, toutes les portes sont fermées, sauf celles susceptibles d’en demander.

    Et, là sont les faits. Alors que depuis bien des années tout citoyen en mesure de s’exprimer pouvait le faire sur les sites ministériels, ce temps est fini. La RUPTURE n’était rien d’autre : Taire les ministres et les gouvernements ; casser la communication, même défectueuse, entre les ministères et les citoyens.

    Alors sans doute suis-je mal informée. L’information coûte cher.

    Mais je trouve scandaleux l’impossibilité de s’adresser à un Ministère.

    A ma connaissance, piètre certes, personne ne dénonce ce retrait silencieux de la liberté d’expression.

    A quel ministère pouvons-nous écrire ? De quels ministères sommes-nous exclus ?

    Et ce silence de plomb. Laissant dans la méconnaissance les citoyens seuls, isolés, désespérés.

    Et vous les assoc ? A vous la parole !

    M. Roy

  11. ça ira , ça ira ! :

    Je me demande comment ils ont fait en 1789 sans Internet et la télévision ?

  12. thc2 :

    Si en 1789 le peuple avait internet et la télévision, on serait encore sous l’ancien regime!

  13. sam :

    @thc2

    sans parler du tiercé ni du ricard (pour compléter l’anesthésie).

  14. décembre :

    Démocratie !!! Non mais, vous êtes vraiment anesthésiés.
    Il n’y a pas de démocratie parce qu’elle n’existe pas, n’a jamais existé, tout simplement.
    Réveillez-vous please.

  15. ismaël :

    d’accord avec Décembre, en partie.
    démocratie = médiacratie!
    et avant tout, la démocratie a toujours été aux mains des puissants, des délivreurs de discours et des faiseurs de lois.
    Je pense que la démocratie est un objectif et qu’il n’y a bien que sur le Net qu’on la voit active! Sinon, et depuis les Grecs, elle a toujours été captive de quelqu’un.

  16. sam g. :

    bonjour !
    j’ai été très étonné de l’info concernant la censure du documentaire “Sarkozy mot à mot”, opérée sous un prétexte visiblement fallacieux de la part de Daily Motion… D’autant que son fondateur, B. BEJBAUM, n’a absolument pas les atours d’un censeur, et semble de plus être un grand amateur de l’irrévérence d’un CHARB… Un élément à sa décharge : il s’est fendu — sous son pseudo dont il use sur Dailymotion (« RobertDeRosny ») — d’un commentaire plutôt élogieux sur le pilote de la série « Maurice et Patapon » *). Peut-être serait-il bon de demander des précisions à ce sujet à B.B. directement, voire — pourquoi pas — la republication sur son site de “Sarkozy mot à mot”.

    *) http://www.dailymotion.com/video/x39x5v_prepilote-de-la-serie-maurice-et-pa_fun

  17. sam g. :

    je remarque que les commentaires sont remis correctement en forme pour ce qui est des caractères (merci Vincent Montañana ?), mais qu’hélas, pour ce qui est de l’hortaugraffe et bien trop souvent du fond, ça ne semble pas être le cas… C’est peut-être bien la preuve que nous sommes cependant encore bel et bien en démocratie : on peut y déblatérer… Je me souviens de cette citation (trop paresseux pour la googler, recherchez l’auteur par vous-mêmes) : « la dictature, c’est ferme ta gueule ; la démocratie, c’est cause toujours »… Cette page, intéressante pourtant, risque l’asphyxie par « démocratie participative » massive…

  18. Julien.R :

    Très très bon papier et très utile, le pays traverse une grave crise droitière, avec le réveil de la France silencieuse, et d’un président populiste au possible.
    Depuis un moment, je donne le lien partout, et essai de distribuer au max ce document.
    Je travaille dans une société qui traite l’info, et depuis 2005, je suis en souffrance quotidienne devant l’aseptisation des français, le rôle des médias, et le culot du président de la république qui ne recule devant rien. Pourtant, il est tellement facile de le démonter en quelques minutes, incroyable que le PS soit mort, et que Ségolène Royal fasse honte au peuple de gauche.
    Sarko écrase l’opposition, joue de ses influences, et les français gobent, et sans opposition, je vois vraiment pas comment la situation pourrait changer, sinon empirer.

    Visitez mouvements.info et Rue89.

  19. Grégoire Lafond :

    http://tunisie-harakati.mylivepage.com
    La démocratie ? Quel humour ? visitez ce site Internet et vous comprendrez mieux le motif de ma réaction.

  20. Nassim :

    ACRIMED qui “informe sur l’information”

    En attendant il n’y a aucun moyen d’ajouter des commentaires aux différents articles d’ACRIMED contrairement à cet article. Ainsi on subit l’information sans pouvoir en débattre, je trouve cela bien dommage, sachant que le plus intéressant dans l’information est justement l’opposition des points de vue par l’argumentation, tout cela pour pouvoir se faire une opinion subjective… Cela dit en passant, ACRIMED m’a tout l’air d’un site fortement subjectif :)

  21. Sébastien :

    Bonjour, bonjour,

    Vous souvenez-vous de la manifestation étudiante devant le Sénat? Celle que les média télévisés ont montré comme n’étant qu’un rassemblement de quelques jeunes étudiants (principalement l’Unef) devant un cordon de CRS.

    Ce qui n’a été dit sur aucune chaîne de télévision, c’est que la manifestation s’est balladée à travers Paris en manifestation sauvage, traversant St Germain, faisant tourner en bourriques les policiers chargés de la surveiller, jusqu’à rejoindre les cheminots à la gare d’Austerlitz pour montrer que même si les combats des étudiants et des cheminots se déroulaient sur des plans différents, ils se soutenaient mutuellements.

    On n’en a pas parlé, par contre, on a montré les « vilains bloqueurs » empêchant les autres étudiants de travailler.

    Il faut se faire une raison, si nous ne bougeons pas, dans 5ans, la France ne sera plus le pays des droits de l’Homme. Déjà que l’information est bafouée depuis un moment, que l’on fait l’apologie de l' »Ordre », Sarkozy a désormais la tranquillité d’esprit pour démolir tout ce que nos ancêtres ont construit.

  22. Sébastien :

    Excusez-moi, juste petit ajout: bien évidemment cette manifestation ne s’était pas limitée aux quelques clampins qu’on voyait sur les images: nous étions plusieurs centaines.

  23. poch :

    Comme ce sujet fait partie de ceux abordés dans un de nos billet sur le pouvoir et la domination. Il faut donc « vu que tout se recoupe »,la replacer dans un contexte plus large d’histoires de domination.
    Histoires de domination sur pochpower.org
    http://pochpower.org/tout-se-recoupe-histoires-de-domination

  24. poch :

    Me suis planté..
    C’est dans ce billet du 2007-11-10 qu’est mentionné votre article :
    http://pochpower.org/m%C3%AAme-pas-peur

  25. killah :

    Les médias sont évidement censuré..et de plus en plus..
    Par exemple Kémi sébat lutant pour la cause des immigré
    est fortement censuré par l’ensemble des média et présenté comme
    un raciste antiblanc et antisémite .Aucune chaine ne lui donne
    l’opportunité de s’exprimé…hormis france 2 qui après un reportage
    refuse de le difusé…alors qu’il ni a rien de raciste ou d’antisémite dans ces propos
    il ne sagit que d’un constat..heureusement iil existe internet pour s’informer librement
    http://www.dailymotion.com/video/x3jed4_ce-que-france-2-a-voulu-censurer-ke_politics
    http://www.seba-wsr.com/

  26. simplex :

    Où es tu peuple de France qui a si bien su faire la révolution. Ne laissons pas ce dictateur balayer d’un coup toutes les valeurs de notre république.
    J’aime la France mais je ne voudrais pas que mes enfants soient privés de liberté et soient obligés de se battre à cause de cet homme qui ne regarde que son nombril.

  27. elodie55 :

    Pétition pour la déstitution de nicolas sarkozy de ses fonctions de présidents de la république,
    Plus nous serons nombreux à signer cette pétition et plus, avec le secours de l’Assemblée Nationale, du Sénat, du Conseil Constitutionnel et de tous les corps constitués réunis, nous pourrons, nous le peuple, ensemble, mettre un terme au gâchis :
    pétition à signer sur : http://www.antisarkozysme.com

  28. Zzytyx :

    La censure poursuit son chemin et devient inimaginable. Il n’y a pas que Sarkozy qui censure comme le montre cet article : http://www.collectif-rto.org/spip.php?article648

    Etrange censure alors que sur plusieurs forum, notamment de TF1 on peut apercevoir des propos racistes, des appels à la violence et la stigmatisation de plusieurs catégories sociales sans que jamais ils ne soient inquiété.

  29. assurance :

    Les médias sont évidement censuré..et de plus en plus..
    Par exemple Kémi sébat lutant pour la cause des immigré
    est fortement censuré par l’ensemble des média et présenté comme
    un raciste antiblanc et antisémite .Aucune chaine ne lui donne
    l’opportunité de s’exprimé…

  30. assurance :

    Où es tu peuple de France qui a si bien su faire la révolution. Ne laissons pas ce dictateur balayer d’un coup toutes les valeurs de notre république.

  31. assurance :

    Comme ce sujet fait partie de ceux abordés dans un de nos billet sur le pouvoir et la domination. Il faut donc “vu que tout se recoupe”,la replacer dans un contexte plus large d’histoires de domination.

  32. assurance :

    Les médias sont évidement censuré..et de plus en plus..
    Par exemple Kémi sébat lutant pour la cause des immigré
    est fortement censuré par l’ensemble des média et présenté comme
    un raciste antiblanc et antisémite .Aucune chaine ne lui donne
    l’opportunité de s’exprimé…hormis france 2 qui après un reportage
    refuse de le difusé…

  33. bonjour assistance informatique :

    @Grégoire Lafond tu devrais être plus tolèrent tu y gagnera. Merci

  34. totof :

    Comment NKM a censuré le livre « subversif » de son mari

    http://www.rue89.com/2009/12/29/comment-nkm-a-censure-le-livre-subversif-de-son-mari-131687
    http://www.bakchich.info/NKM-taille-la-plume-de-son-mari,09664.html

  35. loulou0371 :

    Bonjour JMM,

    J’aimerais vous demander si vous etes l’auteur de l’article « Quand Carla B se revele de droite tendance demago » sur le monde.fr regard critique …. et coeur a gauche ? l’article n’etant pas signé …

  36. jmm :

    Non, je ne suis pas responsable de toute ce qui s’écrit sur lemonde.fr… et je n’ai pas pour habitude de retirer des articles que j’ai publié : c’est quoi, le problème ?

  37. .:[ d4 n3wS ]:. » Blog Archive » la censure sous Sarkozy : intimidations, manipulations et relations avec les médias :

    […] Origine de l’article : http://rewriting.net/2007/11/04/observatoire-de-la-censure-facon-nicolas-sarkozy/ […]

  38. Ma décennie Sarkozy S2E1 – de l’autocensure à l’autopromo | BUG BROTHER :

    […] Au vu du nombre grandissant d'articles et informations (auto-) censurées afin de ne pas nuire à l'image du nouveau Président de la République, je lançais, en novembre 2007, et 6 mois seulement après son début de quinquennat, un Observatoire de la censure façon Nicolas Sarkozy. […]

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