« La société de surveillance n’est plus de la SF ! » (du Diplo, du Monde, de Radio Nova, de RMC, de l’Utopia, et caetera)

03/09/2008, par jmm
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Mise à jour du 09.09 : petite affluence en raison de la polémique autour d’Edvige et donc de Cristina, l' »autre » (le 37e) fichier policier dont on commence un peu à parler, qui est la face cachée d’Edvige, et qui me vaut ces jours-ci un passage dans Les Grandes Enquêtes de la petite Rédaction de Radio Nova, sur le Bourdin & Co de RMC, un « chat » sur leMonde.fr intitulé Fichiers policiers : Cristina, pire qu’Edvige ? (ce jeudi 11.09, à 11h), sans oublier le débat, au cinéma Utopia de Pontoise Saint-Ouen L’aumône, ce vendredi 12 à 20h30 après une projection du Brazil de Terry Gilliam, autour du thème : « La société de surveillance ce n’est plus de la SF! ». Le message que l’on serine depuis des années commence à passer. Hélas.

En 2006, je constatais, avec une certaine amertume, que le gouvernement français voulait qualifier de « voleurs » cette minorité d’internautes qui ne violent pas la loi (dont moi) :

La société de l’information a ceci de particulier que la majeure partie des gens y ont été (ou sont encore) en infraction avec la loi. Exception faite d’utilisateurs de longue date de systèmes MacIntosh et GNU/Linux, ainsi que de ceux qui se contentent d’acheter un PC au supermarché, et qui n’en ont pas une utilisation poussée, je ne connais personne qui n’ait, un jour, utilisé de versions “pirates” de logiciels.

Je prends d’ailleurs un malin plaisir à poser la question à mes étudiants en droit des Nouvelles Technologies de Nanterre, et aucun (ou presque) n’a jamais réussi à me convaincre qu’il n’avait jamais de sa vie « piraté » quelque logiciel que ce soit.

L’internet en particulier, et l’informatique en général, sont d’ailleurs et probablement les premiers corpus sociaux qui, de prime abord, n’accueillent en leur sein que des individus qui, pour y entrer, ont pour cela du se placer en infraction avec la loi…

En 2007, & à l’instar des autres utilisateurs de GNU/Linux (mais au contraire des utilisateurs de MacIntosh ou de PC achetés au supermarché), je n’en fus pas moins finalement déclaré (libre) voleur (du savoir numérique).

Depuis, la bataille continue, mais nous aurions de toute façon gagner, à en croire Eben Moglen, l’une des têtes pensantes des logiciels libres, et du droit à la vie privée sur l’internet. Il y a quelques mois, je ne connaissais que vaguement son nom. J’ai eu la chance de le rencontrer récemment : il m’a bluffé, ce qui m’arrive rarement. Vous auriez tort de ne pas lire la retranscription de ses propos : à l’en croire, il nous suffirait d’attendre, et de voir nos contempteurs crouler sous les fastes et dommages collatéraux de leurs lubies…

J’invite à ce titre ceux qui sont peu au fait de la culture hacker, ou qui pensent qu’il ne s’agit jamais que de « pirates informatiques », ceux qui voudraient aller plus loin dans la réflexion, ou bien se faire une idée de ce que sont les hackers, de ce qu’ils peuvent faire, de leurs motivations, des logiciels ou « bidouillages » dont ils sont capables, à lire Les « bidouilleurs » de la société de l’information (+ les liens), article que j’ai écrit suite au Hacker Space Festival auquel j’ai eu le plaisir d’assister en juin dernier, et que vient de publier le Monde Diplomatique. Dans l’édition papier, vous aurez l’intégrale, plus un article sur la vidéosurveillance qui, alors que je connais bien le sujet, m’a donné encore plus de grains à moudre, et de données témoignant de l’inanité de cette enflure sécuritaire.

Vous pouvez aussi lire Comment devenir un hacker ? (version bis), la Bible, et le modus vivendi, de « ces gens-là » que, vous l’aurez compris, je respecte pour le moins, cf aussi & entre autres, ces « petits » papiers miens, précédemment publiés sur InternetActu :

Tant qu’à parler de « mon » actualité, certains m’ont peut-être et par ailleurs récemment entendu causer dans le poste sur France Inter, dans l’émission cha cha tchatche d’Olivia Gesbert, au sujet de l’avenir de l’internet (l’émission n’est plus rediffusée, mais je l’ai en .mp3, pour ceux que cela intéressent). Ou bien encore sur Radio Nova, interviewé par Mathilde, au sujet des fichiers Edvige et Cristina.

Etant par ailleurs l’un des organisateurs des Big Brother Awards France, j’ai enfin été convié, in vivo & IRL, au cinéma Utopia de Pontoise Saint-Ouen L’aumône, ce vendredi 12 septembre, à 20h30. On y projetera Brazil, de Terry Gilliam, suivi d’un débat : « La société de surveillance ce n’est plus de la SF! ».

A voir tout ce qui se dit, et se passe, autour des 36 fichiers policiers de notre « patrie des droits de l’homme » (voir à ce titre “Fais attention à tes oreilles, elles ont des murs”, l’analyse qu’en fait Evelyne Sire-Marin, magistrat et membre de la LDH), il n’est plus vraiment permis d’en douter.

Mise à jour de décembre 2008 : l’article du Monde Diplomatique est désormais consultable gratuitement, là : Les « bidouilleurs » de la société de l’information, avec ses encadrés : Quelques liens + Un nouveau « laboratoire » + Des garanties juridiques trompeuses.

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2 Réponses a “« La société de surveillance n’est plus de la SF ! » (du Diplo, du Monde, de Radio Nova, de RMC, de l’Utopia, et caetera)”

  1. Noryungi :

    Allons, même s’ils nous enlèvent l’Internet, il nous restera toujours Fidonet… :-)

    Et, en tant qu’utilisateur de logiciels « libres » (dont GNU/Linux, NetBSD et OpenBSD) je ne me sens absolument pas visé quand on parle de pirates… C’est simple, j’ai acheté ma dernière machine avec Microsoft Windows installé en 2002 ou 2003. Ma dernière acquisition informatique est un eeePC d’Asus, dont la version originale de Linux (trop limitée) a vite été remplacée par une version beaucoup plus agréable… en attendant mieux…

    Ma prochaine machine de bureau sera montée « à la main » et ne paiera pas la « taxe Microsoft », sans pour autant comporter aucun logiciels piratés. Je plains les utilisateurs de Windows et de Macintosh quand je vois le prix des logiciels, d’ailleurs.

  2. jmm :

    c’est un petit peu plus compliqué : je ne suis plus que sous GNU/Linux depuis 2001, et n’ai plus payé de « taxe » Windows ou Appel OS truc depuis lors;

    j’étais donc tranquille peinard jusqu’à ce que, l’an passé, une loi qualifia de « voleur » toute personne « contournant » une « mesure technique de protection » d’un fichier (ou logiciel);

    or, le seul moyen de lire un fichier protégé par ce genre de MTP (ou DRM), lorsque l’on n’est pas sous Windows, ou Apple, est précisément de le « contourner », et donc de le « pirater »;

    comme si l’on était obligé de manger des produits « protégés » par des pesticides, et que l’on réprimait ceux qui voulaient manger bio…

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